• pierre-yves cossé

TRUMP VS BIDEN: Tout est possible!

Mis à jour : août 25



Le match sera incertain jusqu’au bout. Chacun des deux protagonistes a des faiblesses susceptibles et peut chuter brutalement : excès de toute nature pour le sortant, maladresses et atermoiements pour le prétendant. Le contenu et la cohérence des programmes, dans un climat aussi passionné, ne feront pas la différence.

Apparemment, Trump est en perte sensible de vitesse et le courant sera difficile à remonter. L’appréciation est sommaire et fait fi de tout ce qui peut se passer d’ici Novembre dans les domaines de la santé, de l’économie et de la politique, intérieure et extérieure.

Le virus va peser sur l’élection. S’il n’est pas maîtrisé, les positions contradictoires et incohérentes du Président seront mises à son passif.

Liée à l’état de santé des Américains, la situation de l’économie, emploi et bourse, qui longtemps était mise à l’actif du Président pourrait ne pas être au rendez- vous. Rien n’est encore joué, compte -tenu de la flexibilité et de la capacité de rebond des Etats-Unis. Le nombre de contaminés est, certes élevé en valeur absolue, mais rapporté à la population, il l’est moins qu’en France.

Le risque de nouvelles émeutes urbaines


La sécurité dans les villes est la préoccupation dominante pour la majorité des électeurs. Il suffirait à l’automne de quelques émeutes urbaines sanglantes, spontanées ou provoquées, pour que les tenants du « law and order » l’emportent. Ces violences, plus ou moins spontanées, seraient orchestrées par les médias, d’autant plus que les moyens publicitaires du camp Trump sont quasiment illimités.

La tension délibérée et pour l’instant croissante avec la Chine joue a priori en faveur de Trump. La crainte de la domination Chinoise augmente, aux Etats-Unis et ailleurs. La dénonciation de la dictature et de ses méthodes, sous ses différentes manifestations, déportation des Ouighours, répression à Hong-Kong, espionnage incessant notamment par l’intermédiaire de grandes entreprises comme Huawei, menaces sur Taiwan et en Mer de Chine, serait une preuve de courage et de pertinence présidentielle. Trump dit tout haut ce que beaucoup murmurent sans oser le proclamer. L’avènement de la Chine au premier rang des puissances mondiales est un danger pour le monde. Le Royaume-Uni, redevenu l’allié fidèle, le dit aussi. Cette tension ne jouerait en faveur de Biden que si les conséquences économiques immédiates étaient trop douloureuses pour les producteurs américains (soja, électronique) ou si les menaces et mesures trumpiennes créaient un climat d’insécurité inquiétant pour les électeurs.

La répression des Ouighours


A court terme, les représailles venant de la Chine auront un effet limité. Elle doit s’interroger sur ce qui est le pire pour elle, la réélection de Trump ou son échec. Une fois réélu après avoir agité l’épouvantail chinois, Trump II pourrait adopter une attitude plus pragmatique, tout en continuant à affaiblir l’Alliance Atlantique et à desserrer les liens entre les Etats-Unis et ses alliés traditionnels. Les Démocrates et Biden sont devenus aussi hostiles à l’égard du géant chinois que le président sortant. Ils pourraient même être plus dangereux, dans la mesure où ils consolideraient l’Alliance Atlantique et où ils feraient moins peur aux pays alliés. Avec une telle incertitude, il est plausible que la Chine s’abstienne de s’immiscer dans l’élection comme lors du dernier scrutin.

Les Démocrates ont de leur côté plusieurs cartes à jouer d’ici Novembre. Le choix de la Vice-Présidente (puisque ce sera une femme) revêt une grande importance, puisque, compte tenu de l’état de santé de Biden, elle pourrait devenir la Présidente. Une participation adéquate d’Obama à la campagne est un atout. L’image que donnera la Convention : parti rassemblé en accord sur l’essentiel ou parti divisé hétéroclite peu convaincant pour les électeurs « indépendants » ?

Les Démocrates sauront-ils donner une image d’unité ?


A côté de « tout ce qui se passera d’ici Novembre » demeure l’imprévu, les évènements inattendus (une provocation de la Corée du Nord ?) et la capacité des candidats à y faire face, elle aussi inconnue.

L’Europe pendant ce temps ? Elle regardera. Pourtant, les Populistes comme les Démocrates européens savent que des résultats de l’élection américaine dépend pour une part leur avenir.


Pierre-Yves Cossé


Juillet 2020


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