• pierre-yves cossé

LUNETTES ROSES (3).


Ce ne sont que deux petits boutons roses à peine éclos...

Premier bouton : l’architecture en fibres végétales. Elle existe et est promise peut-être à un grand avenir. Cette architecture, visible sur tous les continents est présentée au Pavillon de l’Arsenal, à la suite d’un concours. Les fibres utilisées sont multiples : bambou, osier, chaume, paille, feuille de palmier, herbes de la Mer du Nord, briques de champignon (!) parfois associées à de la terre. Elles n’ont pas toutes les mêmes propriétés et les mêmes usages, mais toutes peuvent se transformer avec peu d’énergie, beaucoup moins que les matériaux traditionnels (béton) Leurs vertus écologiques sont évidentes, elles permettent de stocker une grande quantité de carbone.




(Hôtel au Nord Vietnam)


Les bâtiments construits à partir de fibres, parfois associés au bois, ont d’autres mérites, isolation thermique et qualités esthétiques.

Le bambou est particulièrement séduisant, comme on l’avait vu il y a deux ans au Musée Jacques Chirac. Il est utilisé pour l’habitat, des équipements publics (ponts y compris !) des centres commerciaux ou des hôtels. C’est en Asie, comme il était prévisible, que les prouesses et les réussites sont les plus convaincantes (hôtel réalisé au Nord Vietnam près d’un lac.


Les tuiles de palmier sont employées pour la couverture. D’autre fibres servent également à des aménagements intérieurs : coque enveloppante en rotin du centre des congrès de Jonzac ou à l’isolation, paille comprimée dans des caissons pour cinq mille bâtiments, dont des écoles en Ile de France. Du « béton de chaume » est présent dans des logements sociaux parisiens. Dans trois tours de 12 mètres à New- York ce sont des briques de champignon. Le résultat est chaud, souvent beau.


Une hirondelle ne fait pas le printemps. Les obstacles et les limites restent considérables. Les fibres ne poussent pas partout et la capacité à les traiter (coupe, tressage, préparation) est encore plus disséminée ; l faut plutôt des menuisiers ou des jardiniers que l’OS habituel des BTP. Les normes publiques, en vue d’assurer la sécurité et la durabilité des bâtiments, sont extrêmement strictes et interdisent souvent leur utilisation. Aucune indication n’est donnée dans l’exposition sur l’équation économique. Relevons tout de même que le concours international a sélectionné cinquante finalistes qui avaient réalisé 226 bâtiments dans 45 pays, qu’il faut se débarrasser le plus possible du CO2 et que de nombreux étudiants qui visitaient l’exposition semblaient très intéressés.







Second bouton : l’amélioration des compétences. Il est des départements, Cantal, Deux Sèvres, où l’on n’est plus très loin du plein emploi et où la pénurie de travailleurs qualifiés empêche le développement des entreprises. Le gouvernement a lancé un plan d’investissement dans les compétences Pic (2018-22) de quinze milliards, qui a pour objectif de donner une qualification à un million de jeunes qui n’en ont pas (les « décrocheurs ») et à un million de demandeurs d’emploi plus âgés. Ce plan est décentralisé, sauf deux régions qui ont refusé de participer, et souple dans les modalités de formation (utilisation des outils digitaux).


Un Haut-Commissaire à l’investissement et à l’inclusion par l’emploi a la charge de veiller au succès du plan. Or ce plan d’investissement monte en puissance. On dénombre plusieurs centaines de milliers d’entrées en formation.

Parallèlement, les outils de la réforme de la formation professionnelle se mettent en place : regroupement en une agence, vérification des organismes de formation et surtout compte personnel de formation accessible sur Internet. Il serait prématuré de se prononcer sur l’efficacité du nouveau dispositif et notamment sur l’usage de ce nouveau compte personnel par le plus grand nombre de salariés.

Ces efforts contribueront, à terme, à la baisse du chômage.


Pierre-Yves Cossé


7 Novembre 2019

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