• pierre-yves cossé

LES LUNETTES ROSES (2).


Dois-je changer de verres, faute de discerner clairement des signes positifs ?

A moins que ce soit les commentateurs qui devraient chausser d’autres lunettes. Un lecteur perspicace me fait remarquer que des organismes au-dessus de tout soupçon, qui ne manipulent pas les chiffres, les colorent parfois en noir ; il cite l’INSEE à propos de l’emploi et la fondation Abbé Pierre pour les mal-logés. Ils veulent être lus et une mauvaise nouvelle est jugée plus attractive.


Pour voir du rose, il fallait s’éloigner de l’hexagone et s’intéresser à des résultats électoraux et à leurs suites, notamment aux quatre suivantes :

- Hongrie ; les experts répètent depuis des mois que Victor Orban est électoralement imbattable. Sa popularité est trop forte, sa maitrise des médias trop étendue et les divisions de l’opposition trop profondes. Or aux élections municipales une coalition anti-Orban l’a emporté à Budapest. L’échec de V Orban s’est répété dans d’autres grandes villes. Ce n’est qu’un début. Gardons la mesure, il ne s’agit que d’élections locales et les campagnes restent favorables au leader populiste. Retenons seulement que VO peut être battu.


- Canada ; les experts annonçaient l’échec du Premier Ministre sortant, le libéral Trudeau. Ils se fondaient sur sa perte de popularité et d’incontestables erreurs, certaines graves, d’autres vénielles ( lord s de fêtes de jeune homme il s’est barbouillé en noir le visage) Nouvelle erreur des spécialistes. Le Parti Libéral est arrivé en tête et Trudeau restera Premier Ministre. Il faut s’en féliciter. Son adversaire conservateur proposait une politique de l’environnement à la Trump et écartait toute taxation du CO2. En politique, la priorité est d’éviter le pire.


- Portugal ; les experts là ont vu juste. Ils avaient prédit la victoire du parti socialiste et de son chef, Antonio Costa le dynamique et populaire Premier Ministre. Le bilan du gouvernement était largement positif. La situation du pays était désastreuse lorsque les socialistes ont réuni toute la gauche, communistes compris, pour mener une politique de relance hétérodoxe tout en maitrisant le déficit public. Diminution du chômage et augmentation des revenus, principalement salariaux ont permis un redémarrage de la croissance et ont redonné confiance, alors que les flux touristiques augmentaient. L’économie portugaise reste fragile mais les succès remportés incitent à l’optimisme. Des socialistes européens s’appuyant sur un bon bilan, peuvent gagner les élections, CQFD.


- Israël ; Netanyahou, le Premier Ministre dit « Bibi » renonce à constituer un gouvernement faute de majorité prévisible à la Knesset. Cet échec commence par rassurer, le leader allant de surenchère en surenchère est d’autant plus dangereux pour la paix au Moyen Orient qu’il a le soutien quasi inconditionnel du président des Etats-Unis. Cela dit, ce retrait est peut-être une simple tactique : toujours aux commandes, il dispose de marges de manœuvre et peut miser sur l’échec de son rival qui doit à son tour dégager une majorité. Son jeu pourrait être trouble par le procureur qui le poursuit pour corruption. Dans 28 jours, l’on saura qui a gagné cette nouvelle manche.





Pierre-Yves Cossé,


24 Octobre 2019

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