• pierre-yves cossé

LES LUNETTES ROSES

L’actualité, nationale et internationale, est noire et déprimante. L’envie de laisser tomber le journal est forte. Résistez à l’envie et cherchez les nouvelles positives. Elles sont là, pas forcément en première page. Chaque jour, de petits pas dans la bonne direction sont visibles.

Pour les deux derniers jours, j’en ai relevé quatre.


En Economie :


- Le desserrement de la politique budgétaire aux Pays-Bas où les impôts vont baisser et les investissements publics croître. Or ce pays est encore plus rigoureux que la vertueuse Allemagne et avait exclu toute politique de relance budgétaire. Trop tôt pour dire que cet exemple sera contagieux, au moins dans les pays qui disposent d’une marge de manœuvre. Un des grands mérites de l’équilibre budgétaires est de pouvoir créer du déficit sans risque, lorsque la conjoncture l’exige…


- La proposition de taxation du numérique, à partir de deux axes : un impôt fonction du lieu où se trouvent les clients et non du lieu de facturation et une taxation minimale. L’important est que la proposition émane de l’OCDE, longtemps considéré comme le temple du libéralisme anglo-saxon. La mise en place par la France, quasiment seule, d’un premier impôt allait dans le bon sens. Il disparaîtra le jour où la proposition OCDE sera mise en œuvre, ce qui prendra du temps. La bataille n’est pas gagnée- les lobbys vont réagir -mais une première étape a été franchie.


A l’Etranger :


- La libération en Tunisie d’un deux candidats au second tour de l’élection présidentielle. La démocratie court de grands risques en Tunisie, les partis politiques sont rejetés, et la dispersion des résultats aux élections législatives fait craindre qu’il ne se dégage aucune majorité pour investir un gouvernement. L’existence d’un président non contesté est un facteur indispensable de stabilité, même si le régime est plus parlementaire que présidentiel. Or, une élection, avec un seul candidat en état de faire campagne, donnerait lieu à des contestations et la légitimité de l’élu serait faible. Il est peu probable que l’ex-prisonnier, accusé de corruption, soit élu et le nouveau président devrait être un universitaire dit incorruptible et réfractaire à toute évolution de la société dans le domaine des mœurs et de la condition féminine. Mais la priorité est que la Tunisie dispose d’un président bien élu.


- Le renversement du gouvernement social-démocrate roumain. Ce gouvernement corrompu, s’en était pris aux institutions judiciaires au mépris de ses lois, ce qui avait suscité de vives réactions à Bruxelles. Cette chute est bénéfique pour les Roumains et pour l’Europe, qu’il s’agisse des libertés ou du nouveau commissaire à la Commission Européenne, la candidature présentée par l’ancien gouvernement ayant été rejetée.


Chaque semaine, mettez vos lunettes roses, dressez votre liste et le moral sera meilleur (un peu...)





12 Octobre


PYC

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