• pierre-yves cossé

Algérie mon amour

Artistes de la fraternité algérienne, 1953-2021

Institut du Monde Arab

Trois générations de peintres sont présentes. Dès la période coloniale, des liens étroits se tissent entre artistes algériens et artiste français. Beaucoup de ces créateurs ont fréquenté l’Ecole des Beaux-Arts d’Alger fondée par des colons en 1848.En 1930 (l’année du centenaire) est inauguré à Alger le musée national des Beaux-Arts et des artistes algériens entrent dans les collections. Si le musée est plastiqué par l’OAS, une exposition de peintres algériens est organisée dès Novembre 1963 et reprise l’année suivante au Musée des Arts décoratifs de Paris . En 2007, s’ouvre le Musée National d’Art Moderne.

Grâce à l’exceptionnelle donation d’un couple de collectionneurs, France et Claude Lemand, l’IMA est riche de six-cents pièces. Cette peinture est d’une grande diversité, figurative et abstraite. Les influences algériennes, principalement kabyles, et européennes se combinent. Les artistes ont gardé en commun un Jien avec la France, même si les relations se sont crispées après l’arrivée de Houari Boumediene au pouvoir. Paris est un lieu privilégié de rencontres culturelles et d’échanges humains. Des artistes algériens ont quitté l’Algérie, notamment après la décennie sanglante (assassinat du directeur des Beaux-Arts par des fanatiques intégristes), et vivent en France, tout en conservant des arraches avec leur pays natal.

Cet ensemble peut être vu comme le chant de douleur d’un peuple colonisé et d’une culture déracinée. C’est aussi un chant de liberté, de retour à l’espoir et de renouveau, un cri du cœur.


BAYA (1931-1964)

Cette orpheline autodidacte, à l’enfance difficile, est quasiment un mythe, celui de « l’art brut » qui s’éclot sans racines apparentes. A l’initiative de la propriétaire de la ferme agricole où travaille sa grand-mère, elle « monte » à Paris à 16 ans et ses gouaches sur papier sont exposées à la Galerie Maeght. Cette « peinture qui ne doit rien à l’occident » est louée par André Breton. Elle côtoie Braque et Picasso. Dubuffet célèbre l’invention la plus spontanée, sans précédent ni influence. Les personnages sont mythiques, mi filles, mi oiseaux.

Après un mariage précoce, elle est dans l’impossibilité de poursuivre son travail pendant une dizaine d’années. Puis elle recommencera à peindre et à sculpter (terres cuites) Elle a terminé sa vie à Blida dans la discrétion. On l’imaginait, peut-être à tort, cloîtrée dans sa modeste maison, encagée comme les oiseaux de son bestiaire.


Dans la maison de son époux, les instruments de musique étaient nombreux


Ni porte, ni fenêtre, nul horizon


Ses gouaches chantent à couleurs déployées

Luxuriance des détails


Jardin d’Eden ?





Abdallah Behanteur

Le Bois d’Amour (2001) Souvenir de Pont-Aven

Abdallah est apaisé.


Son frère avait été tué dans le maquis.

« Mon esprit rôde en permanence parmi les miens »



LA ROUTE D’OMBRE (avant l’Indépendance)

« Tu es mon bien puisque tu me rends dans ta hauteur…

La fontaine qui a coulé est la fontaine qui coule et non plus larmes sur mon cœur

Pour toi je reconquiers mes rites naturels

L’herbe est une herbe

Le pauvre un pauvre

Le poème, un poème »


A Behanteur/ Hoggar(1960) (paysage fait de milliers de touches monochromes)



Si Bel Bakar (autodidacte)

Femmes d’Alger, d’après Delacroix-1962

(la courbe des corps, les détails)





M’Hamed Issakim 1928-85

La mère et la main coupée (1965) Bouche de la Mère réduite au silence. Force intérieure. Stigmates christiques

(Remploi de signes de la culture berbère)




Halida Bougriet (née à Lens en 1980)

Une veuve, victime de la violence, allongée à l’orientale, comme une odalisque




Mohammed AKSOUM (1934) Vit à Paris. Apprenti forgeron (il veut peindre l’espace et attraper la lumière dans sa fugacité).




Mohamed Khadida : Afrique. Composition habitée par une figure totémique




Mahjoub Ben Bella (1947-2020) Etabli en France.

Ecriture peinte/Pseudo-lettres répétées. Une portée musicale : des notes à l’infini. Un monde rythmé.



DAVID MARTINEZ (acrylique sur toile)

Enseignant à l’Ecole des Beaux-Arts


… Porte de l ‘Illumination (1991) Un lieu de tension et d’ouverture

… Anan, le Prince Berbère (2001)


Pierre-Yves Cossé

27 mars 2022


Fragment 350























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